Le couperet est tombé : l’État se saisit enfin de l’affaire du moteur 1.2 PureTech, emblème entaché d’espoir et de déboires. Sur fond de frustrations de milliers d’automobilistes, l’administration sort la loupe et s’attaque à ce casse-tête mécanique aussi diffusé qu’agaçant. Analyse d’un dossier brûlant.
Un bloc moteur aussi populaire… que problématique
Depuis 2012, PSA mise gros sur son trois-cylindres essence PureTech, code EB2. Aucun politicien n’aurait osé rêver d’une telle diffusion : plus de 500 000 Peugeot, Citroën, DS et Opel dotées rien qu’en France ! Mais derrière cette massification se cache une réalité bien moins reluisante pour nombre d’automobilistes. Parmi les tracas remontés, deux se démarquent :
- Une consommation d’huile exagérée (et on n’invente rien !)
- Une courroie de distribution qui se dégrade bien trop vite
Voilà de quoi faire grincer les dents à tout conducteur, et pas besoin d’être mécano pour sentir le vent du boulet.
Les victimes se mobilisent et font front commun
Devant la répétition de ces mésaventures, une action collective naît en 2024 grâce à la création de l’association « Victimes du PureTech » (oui, le nom est explicite et assumé !). Le mouvement ne tarde pas à fédérer : 528 membres affiliés, 4 600 fidèles sur Facebook, et une communauté gigantesque de plus de 56 000 abonnés via le groupe Facebook dédié « PSA 1.2 Puretech Problèmes ». C’est dire si le souci n’est pas anecdotique, surtout lorsqu’un demi-million de véhicules circulent potentiellement avec cette bombe à retardement sous le capot.
L’État entre dans l’arène : enquête et premières pistes
Face à la pression, impossible pour les autorités de continuer à faire la sourde oreille. Coup de théâtre le 6 octobre 2025 : l’association reçoit un courrier émanant de Catherine Bieth, cheffe du Service de surveillance du marché des véhicules et des moteurs (SSMVM). Elle annonce l’ouverture officielle d’une enquête sur le PureTech 1.2, visant à évaluer les défaillances et vérifier si Stellantis, propriétaire du bloc, agit de façon adaptée.
Retour en arrière : dès juin 2025, 425 signalements collectés par l’association, auxquels s’ajoutent ceux déposés sur la plate-forme nationale SignalConso, ont poussé l’administration à passer à l’action. Ce sont donc une dizaine de fonctionnaires du SSMVM, entité créée en 2021 après le choc du Dieselgate, qui se penchent sur le dossier.
Première étape : exiger du constructeur l’envoi de tous documents et données techniques utiles. D’après la récente lettre de la cheffe du SSMVM, deux causes probables sont déjà dans le viseur concernant les dysfonctionnements du PureTech. Prudence obligée cependant – il ne s’agit à ce stade que d’hypothèses, en attente d’être confirmées ou infirmées par des analyses et tests complémentaires.
Place aux analyses techniques… et à des mesures inédites ?
Le dossier entre désormais dans le dur avec des essais en laboratoire pour déterminer si des vices de conception sont responsables notamment de la surconsommation d’huile. Pour creuser encore, le SSMVM va faire analyser les données embarquées sur des véhicules ayant subi une casse moteur. Cette étape est menée en collaboration avec une entreprise spécialisée et l’association des victimes, histoire de ne rien laisser au hasard.
L’objectif est clair : mesurer l’influence réelle de cette surconsommation d’huile sur la fiabilité du moteur, de sorte à déterminer si les propriétaires ont été (et sont encore) légitimement lésés. En cas de confirmation de défauts avérés, le SSMVM se garde la possibilité d’imposer à Stellantis de renforcer ses mesures correctives. Ceci viendrait en complément de la plateforme de réclamation lancée en janvier 2025, déjà censée apporter un début de réponse… mais visiblement jugé insuffisant par beaucoup.
En conclusion : une affaire à suivre de très près
La mobilisation des usagers, l’implication des autorités et la rigueur des enquêtes vont-elles enfin pousser Stellantis à corriger durablement le tir sur le PureTech 1.2 ? Le bras de fer administratif et technique ne fait que commencer, mais l’espoir d’un moteur plus fiable est – cette fois – officiellement à l’ordre du jour. En attendant la suite, surveillez le niveau d’huile, chers propriétaires : il vaut mieux prévenir que… pousser sa voiture jusqu’au garage !

Ancien mécanicien, je garde les mains dans le cambouis dès que possible. Sur Quad Import, j’essaie de transmettre ce que j’ai appris sur le terrain, sans jargon inutile. Quad, moto ou buggy, ce qui m’intéresse c’est la technique au service du plaisir de rouler.




