Quarante ans, zéro panne et un moteur qui brille presque plus que les dents du chef de rayon : la Renault 20 TX de Michel nous fait revoir notre jugement sur la durabilité automobile. Secret de longévité, astuces d’entretien et anecdotes familiales : embarquez pour une balade rétro pleine de bonnes surprises… et de modestie mécanique !
Une histoire de famille et de fidélité
- Des youngtimers, il y en a à la pelle sur les routes et dans les garages.
- Mais trouver une voiture de plus de quarante ans toujours dans les mains de son acheteur d’origine, c’est digne des rares trésors qu’on expose avec fierté.
Mais c’est bel et bien le cas pour la Renault 20 TX de Michel. Officiellement, la belle grise appartient à sa femme, qui travaillait chez Renault en 1983. Grâce à la fameuse remise collaborateurs, la famille a pu s’offrir cette R20 neuve, immatriculée le 27 décembre 1983. Attention, confie Michel, c’est bien « la voiture de madame ». Preuve de l’époque : il se rappelle encore la date d’arrivée du bolide, témoin d’une passion sincère plus durable qu’un simple passage en concession.
Cette R20 TX n’a pas pris une ride
La Renault 20 déclinée en version TX, c’est déjà une star. Dotée d’un solide 2,2 l essence délivrant 115 chevaux, c’est aussi l’un des derniers modèles produits. Mais que dire de son état ? Après quarante ans de service (et pas de tout repos : elle a transporté la famille entière vers des destinations ensoleillées), elle affiche une propreté à faire pâlir de jalousie bien des occasions récentes. Le plastique de protection de l’accoudoir du conducteur est encore là, quasi intact, comme si le temps avait eu peur de l’abîmer. Quant au moteur, il brille plus qu’une collection d’argenterie familiale le dimanche de Pâques. Mieux : il n’a connu aucun souci en quatre décennies. Michel n’a eu qu’à changer les bougies et remplacer la courroie de distribution, rien de plus. L’entretien ? Une vidange régulière tous les 3 500 km, et la mécanique ronronne toujours.
Une utilisation soignée… et un usage réfléchi
Le second secret de cette longévité, il ne tient pas (que) dans la clé de contact. Depuis 1983, la voiture n’a parcouru que 102 000 km, soit environ 2 500 km par an – autrement dit, elle pourrait presque demander un moratoire sur la retraite automobile. La R20 n’était pas la voiture du quotidien : elle était réservée aux départs en vacances, pour emmener Michel, sa femme et leurs deux garçons vers le soleil. Chaque été, la familiale filait au rythme paisible – et pour moins de 8 l/100 km, grâce à l’équipement spécifique du modèle : le fameux Normalur.
- Le Normalur, c’est le premier régulateur de vitesse français, breveté par Renault.
- Il a vu le jour d’abord sur la R30 V6, avant de s’inviter sur le haut de gamme R20 TX.
- On le reconnaît à ses boutons atypiques sur le volant : techno-rétro avant l’heure !
Évidemment, la R20 ne sort que pour les grandes occasions : pour le train-train quotidien, Michel opte pour une Supercinq GTX, toujours chez Renault, toujours en clin d’œil à la fidélité maison. À côté, la Supercinq, c’est une « gamine », car elle n’a été produite que jusqu’en 1990.
Économie, précaution… et un soupçon d’art de vivre
Michel n’a pas peur de l’avouer : ses 115 chevaux n’avouent vraiment leur appétit qu’en appuyant franchement sur la pédale de droite, ou en enclenchant le second carburateur. En usage familial et raisonnable, la consommation reste très contenue, à condition de garder le pied léger. Pareil côté portefeuille : l’assurance collection ne coûte que 300 euros par an pour trois autos, soit une centaine d’euros seulement pour la R20 ! Un minimum d’entretien, de la précaution, un soupçon d’amour et le tour est joué. Michel serait-il le détenteur du graal : l’automobile durable à prix d’ami ?
Conclusion : Amenée à servir pour profiter de la vie et non pour s’épuiser dans les embouteillages urbains, bichonnée et conduite avec sagesse (et parfois avec une bonne dose de nostalgie), la Renault 20 TX de Michel prouve que l’on peut traverser les décennies sans encombre. Peut-être un modèle à suivre pour tous les amoureux de belles mécaniques ? À tous ceux qui croient que les voitures d’hier ont tout à apprendre à celles d’aujourd’hui, Michel répond par l’exemple, bougies et bonnet vissés sur la tête !

Ancien mécanicien, je garde les mains dans le cambouis dès que possible. Sur Quad Import, j’essaie de transmettre ce que j’ai appris sur le terrain, sans jargon inutile. Quad, moto ou buggy, ce qui m’intéresse c’est la technique au service du plaisir de rouler.





