La SuperWheel, c’est un peu l’ovni du vélo : une roue qui promet l’assistance électrique sans batterie, ni lithium, ni cobalt, ni même un petit moteur. Génie inabouti ou poudre de perlimpinpin ? Découvrons la promesse irlandaise qui sème autant la curiosité que la controverse, entre prouesse d’ingéniosité et scepticisme de la communauté cycliste.
La SuperWheel, une assistance mécanique qui fait tourner les têtes
Originaire d’Irlande, la SuperWheel est le fruit de l’imagination de Simon Chan. Dans un monde où le vélo à assistance électrique (VAE) séduit de plus en plus mais traîne derrière lui une batterie d’impacts environnementaux (au sens propre : batteries, lithium, cobalt, etc.), Chan a décidé de ramer à contre-courant. Sa roue « révolutionnaire » prouve – du moins le prétend-elle – qu’on peut profiter des avantages du VAE sans recourir à la chimie ni à l’électronique lourde.
Adieu, donc, les composants rares et polluants ! Sa SuperWheel promet une assistance reléguant au placard les questions d’autonomie, de recharge ou de recyclage.
Un principe… simplissime ou… simpliste ?
La SuperWheel capitalise sur deux notions physiques aussi anciennes que votre premier vélo : le poids et la gravité. Comment ça marche ? Lorsque le cycliste pédale, un jeu de ressorts (astucieusement logés au centre et en haut de la roue) se comprime sous le poids de l’utilisateur. À chaque tour de roue, ces ressorts vivent des phases de compression et de décompression, facilitant la rotation et, magie (ou physique), boostant d’un généreux 30 % la capacité de pédalage.
Ne sortez pas tout de suite la tenue de coureur du Tour de France : pas question de grimper un col à 15 %, mais la promesse est claire : la SuperWheel permettrait de réduire franchement la fatigue lors des trajets quotidiens.
- Pas de batterie, pas de recharge : l’assistance démarre dès que l’on pédale.
- Simple, rustique, moins de pannes électroniques potentielles – enfin en théorie.
- Pas de recours à des matériaux polluants ou rares.
Installation & distribution : l’exception hexagonale
La SuperWheel, c’est aussi la promesse d’une compatibilité étendue : elle s’adapte à la grande majorité des vélos, à condition de respecter le diamètre de roue (arrière uniquement). L’offre décline trois versions : 700 mm, 26 pouces et la Comet, à noter toutefois qu’aucune n’est compatible avec les freins à disque.
Pour les cyclistes français, pas question de la commander dans tous les magasins du coin : elle est disponible chez un seul distributeur français, CicloCaffè, à Andernos-les-Bains sur le Bassin d’Arcachon. Là-bas, la roue est assemblée sur place avant de rejoindre son (heureux ?) propriétaire. En termes de tarifs, l’entrée de gamme débute à 475 euros – un ticket plutôt doux comparé à un VAE traditionnel.
Précision : les versions 26 pouces et 700 mm sont en rupture de stock sur le site officiel. Victime du succès ou simple série limitée ? À méditer.
Doutes et débats : coup de génie ou miroir aux alouettes ?
Là où l’affaire prend du relief, c’est dans la section commentaires, où la communauté – taquine et affutée – ne mâche pas ses mots :
- Le poids et la gravité ne peuvent aider à faire avancer quelque chose sur du plat : de nombreux lecteurs rappellent que sans source d’énergie externe, la physique voudrait que le surcroît de rendement n’existe tout simplement pas.
- L’utilité réelle de l’assistance : Pour certains, le système peut rappeler le principe du pédalier non circulaire (intérêt parfois discutable), ou servirait seulement à répartir différemment l’effort grâce à la compression/décompression des ressorts.
- Énergie mécanique stockée = énergie restituée, rien de magique : On pédale, on stocke de l’énergie…que l’on récupère sur deux mètres si le ressort se détend. Léonard de Vinci aurait déjà tenté le coup, non ?
- Soupçons d’escroquerie : Pour d’aucuns, voir ce genre de dispositif en production relève plus de la crédulité que du progrès scientifique. D’autres appellent à remplacer les journalistes par les commentateurs pour remettre un peu de science dans la presse.
- Attente d’une démonstration sérieuse : En l’absence de tests indépendants, l’efficacité de la SuperWheel reste à prouver.
Certains optimistes suggèrent : peut-être que ce système permet « d’optimiser l’utilisation de notre énergie en la captant de façon plus efficace ». Mais tous s’accordent : seul un essai en conditions réelles permettra de trancher entre miracle mécanique… ou simple curiosité métallurgique.
Alors, génie ou illusion ? Peut-être un peu des deux dans cette SuperWheel : l’envie d’innover sans polluer, mais aussi un rappel qu’en physique, rien ne se crée sans effort ! Conseil pour les curieux : avant de dépenser vos économies pour économiser vos mollets, testez et demandez à voir la bête en action… sur du plat !

Ancien mécanicien, je garde les mains dans le cambouis dès que possible. Sur Quad Import, j’essaie de transmettre ce que j’ai appris sur le terrain, sans jargon inutile. Quad, moto ou buggy, ce qui m’intéresse c’est la technique au service du plaisir de rouler.





